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À LA SURFACE de Pierre-Yves Chapalain

Création novembre 2023 au Théâtre d'Auxerre, scène conventionnée

Coproduction Compagnie Des Lumières et Des Ombres - Théâtre d'Auxerre ... 

Mise en scène de Guy-Pierre Couleau

Distribution en cours ...

Musique originale de Aurélien Richard, Costumes Camille Pénager, Scénographie (en cours), Lumières Laurent Schneegans

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Spectacle disponible en diffusion sur la saison 2023/2024 Contact Administration / Production : Rose Boursier-Mougenot

06 19 25 88 98 rbmougenot@gmail.com

Entretien avec Guy-Pierre Couleau

Comment est venue l’idée de ce spectacle ?

 

D’un paradoxe que nous pouvons tous constater : notre époque se caractérise par une étrange ambivalence qui veut que la richesse des découvertes scientifiques aille de pair avec la pauvreté des relations humaines. Plus nous faisons des progrès dans tous les domaines de la science, plus nous nous déchirons et sommes incapables de nous parler. Notre humanité s’appauvrit de sa capacité à communiquer, en même temps qu’elle s’enrichit de savoirs scientifiques extraordinaires. La période que nous traversons en est l’exemple parfait, avec la crise due au Covid qui nous a vus nous isoler les uns des autres et trouver un vaccin en un temps record. Et aujourd’hui, la guerre en Ukraine qui voit le dialogue de sourds des dirigeants aller de pair avec les armes ultra sophistiquées, brandies, puis utilisées comme une menace de fin du monde. J’avais envie de m’interroger sur cette marque de notre temps, l’incommunicabilité croissante entre les êtres, sur fond de progrès scientifique. 

Quelle est-elle l’histoire de « À la Surface ? »

 

Comme souvent chez Pierre-Yves, c’est l’histoire d’une famille, quelque part au bord de la mer, dans un endroit qui pourrait être la Bretagne.  Une sœur et un frère, gérants d’un club de plongée sous-marine, assurent l’accompagnement technique de la mission d’un groupe de scientifiques, qui explorent les abords du plateau continental, en quête de ressources énergétiques nouvelles et de réponses aux enjeux des changements climatiques et anthropiques. Au fur et à mesure des découvertes sur ces mondes invisibles, la difficulté de communication s’installe entre le frère et la sœur qui, en plus de la sécurisation des plongées, doivent prendre en charge leur mère âgée et de plus en plus absente à ce monde. Ils se révèlent incapables de voir ce qui les éloigne l’un de l’autre et les sépare : plonger dans d’invisibles profondeurs ne révèle que trop les apparences de surface.

Pourquoi ce choix d’un texte inédit et à créer ?

 

Après avoir souvent traité les auteurs du répertoire, je souhaitais mettre en scène l’œuvre d’un auteur vivant. Pour ce projet de création, j’ai donc demandé à Pierre-Yves d’écrire un texte pour quatre interprètes sur un thème qui nous paraissait commun. 

Nous avons tous deux une complicité de nombreuses années et je connais bien son univers, envahi de fantômes, de temps anciens qui ressurgissent et d’obsessions séculaires. Sous sa prose flotte le vers et la scansion du poème qui allie merveilleux et légendaire.  A cette écriture scénique nouvelle il fallait un partenaire musical de notre temps, le vivant répondant au vivant.J’ai choisi de travailler pour la première fois avec Aurélien Richard dont j’ai rencontré récemment l’œuvre et la personnalité. Il composera la musique originale du spectacle. Le travail préparatoire se fera en concertation avec le laboratoire de biologie marine du Museum d’histoire naturelle, mais également avec des associations de protection du littoral et de la vie marine. Dans l’inspiration, nous serons proches d’un théâtre documentaire, qui empruntera, pour se construire, aux paroles réelles des scientifiques avec lesquels nous travaillerons en amont. 

 

Le visible et l’invisible, la lumière et l’ombre de la profondeur, ce sont là des thèmes récurrents du théâtre que vous faites depuis toujours, que ce soit avec « Hamlet » récemment ou encore avec « La Conférence des Oiseaux », « Amphitryon », « Les Justes » ou « Le Baladin du monde occidental » ?

 

Oui certainement. On ne se refait pas et il faut voyager au fil des jours avec ce que l’on est. Ces questions m’interpellent en permanence. Je suis toujours sensible à ce qui fait nos frontières intérieures et c’est ce qui me frappe toujours chez ceux que je rencontre ou que je croise. Parfois même dans la rue, je vois des visages qui laissent transparaître tellement d’autres choses et tout ceci m’intéresse et me passionne. C’est aussi ma formation théâtrale qui n’est pas seulement française mais très fortement nourrie de mes expériences à l’étranger. Et c’est justement cet étrange du théâtre, ce qui m’échappe et me rattrape sans cesse, qui me conduit à questionner ce qui constitue nos personnes dans leur part de mystère et, au-delà, notre humanité, dans ses noirceurs comme dans ses beautés. Le théâtre est mon carnet de notes et de croquis en même temps. Je dessine parfois lors des répétitions de certains spectacles et je note des tas de choses aussi, le soir en rentrant chez moi. Pourtant je ne suis ni écrivain, ni dessinateur. Mais ce sont les humanités de ceux que je regarde qui me prennent la main et me poussent à tracer quelques lignes sur des bouts de papier. Parfois, en regardant ces croquis, ces notes, je les trouve maladroits et tremblants. Ils ressemblent à ceux que je vois et ils ressemblent à ce que nous sommes : des êtres fragiles et délicats, qu’un rien peut anéantir et qu’il faut essayer de préserver. Et c’est exactement ce que je pense de l’art du théâtre. Il est là pour préserver le vivant, c’est-à-dire notre environnement et nous. Le théâtre nous aime et nous aide.

 

Propos recueillis par Samy Berlick - juin 2022

Mise en scène Guy-Pierre Couleau Texte Pierre-Yves Chapalain Costumes Camille Pénager Lumières Laurent Schneegans Musique Aurélien Richard  Administration, production et diffusion Rose Boursier-Mougenot

Production Des Lumières et Des Ombres Coproduction Théâtre d'Auxerre ... (en cours)  

Des Lumières et Des Ombres est conventionnée par le Ministère de la Culture.